01
Un point de frais, ce n’est pas un pour cent
Des frais annuels de 2 % ne coûtent pas 2 % de votre capital. Sur trente ans, ils en emportent près de la moitié — et la raison tient en une ligne.
6 min de lecture
Prenez 10 000 € de départ, 200 € par mois, trente ans, 5 % de rendement annuel. Sans frais, vous finissez autour de 210 000 €. Avec 2 % de frais par an, autour de 135 000 €.
L’écart est de 75 000 €, soit plus d’un tiers du résultat. Pour des frais annoncés à 2 %.
Le simulateur de cette page fait le calcul avec vos chiffres. Voici pourquoi il donne ce résultat.
Les frais ne se prélèvent pas sur les versements
C’est l’erreur d’intuition. On entend « 2 % de frais » et on pense : 2 % de ce que je mets.
Les frais de gestion se prélèvent sur l’encours, chaque année, sur la totalité du capital. Or ce capital grossit. La deuxième année, les 2 % s’appliquent à une somme plus grande. La trentième, à une somme beaucoup plus grande.
Et ils prennent aussi les intérêts de ce qu’ils ont pris
C’est le vrai mécanisme. Chaque euro prélevé cette année est un euro qui ne travaillera plus jamais pour vous.
Un euro de frais retiré la première année d’un placement à 5 % aurait valu 4,32 € au bout de trente ans. Vous ne perdez pas l’euro : vous perdez la totalité de ce qu’il aurait produit.
Les frais ne vous coûtent pas un pourcentage. Ils vous coûtent un pourcentage, plus tous les intérêts composés de ce pourcentage, sur toute la durée restante.
L’ordre de grandeur à retenir
Sur une longue durée, chaque point de frais annuel emporte grossièrement 20 à 25 % du capital final. Deux points, autour de 40 %. Trois points, plus de la moitié.
Ces chiffres varient avec le rendement et la durée, mais l’ordre de grandeur tient, et il est stable.
Où ils se cachent
Rarement à un seul endroit, ce qui rend le total difficile à voir.
- Frais d’entrée sur chaque versement, parfois 2 à 5 %.
- Frais de gestion de l’enveloppe, prélevés annuellement sur l’encours.
- Frais de gestion des supports — les fonds ont leurs propres frais, qui s’ajoutent.
- Frais d’arbitrage à chaque changement de support.
- Commissions de surperformance, prélevées sur les bonnes années sans être rendues sur les mauvaises.
Le chiffre qui compte est la somme de tout cela. Il porte parfois le nom de frais courants ou de coût total, et il est rarement mis en avant.
La question à poser
Une seule, et elle est difficile à esquiver :
« Tous frais confondus, combien coûte ce placement par an, en pourcentage de l’encours ? »
Si la réponse prend plus de deux phrases ou renvoie à un document de trente pages, vous avez déjà appris quelque chose.
Information générale. Ni conseil en investissement, ni recommandation personnalisée, ni offre de souscription. Investir comporte un risque de perte en capital.